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mercredi 6 juillet 2022

Ce qui ne s'apprend pas...

 




Dans le déroulé des jours, arrive le moment où le temps à venir est plus court que le temps vécu. Notre vie est une rivière. Près de la source, elle coule, rapide et bouillonnante, sous le ciel de printemps et jusqu’aux premières chutes.  Elle se fait  alors inutilement, écumante et se donne des airs de torrent comme pour se rassurer. Et puis, en vue de l’estuaire qui va l’aider à se jeter dans l’océan, le rythme ralentit, elle devient paresseuse et s’étire calmement dans un dédale bienvenu. C’est au creux des prés salés que se trouve l’ultime et véritable quiétude. Lorsque le rivage est en vue, il faut aller à l’essentiel. Ne plus s’empêtrer dans les  bancs d’algues filandreuses qui empêchent la progression… Il faut s’écouler, clair et paisible. Éroder les rives jusqu’au rocher.

3,3 secondes… C’est la fréquence de respiration moyenne de la plupart des gens. Dans une existence d’une durée moyenne, nous respirons environ  670 millions de fois. Le souffle est la manifestation la plus simple de la vie et pourtant la plus essentielle…  

Le souffle et le silence ne s’apprennent pas, tout comme l’expérience. Il n’existe pas d’instructions, pas de recettes… Il ne faut faire confiance qu’à l’instinct. 

Notre siècle trop bavard impose ses réponses toutes faites et ses interprétations incomplètes à des questions qu’il est inutile de se poser.  Dharma, Zen, etc, ne sont que des mots, des vocables commodes. On ne définit pas un état. Je préfère le terme chinois de chan qui n’est pas traduisible littéralement. La traduction la plus proche pourrait être le mot  méditation, mais cela reste encore imparfait.

L’humain a toujours cherché et cherche encore  à codifier, à expliciter ses connaissances et les philosophes orientaux n’ont pas fait exception. Pour les chinois par exemple, la voie et la parole se confondent en un seul mot qui porte ce double sens : Le Tao,  La parole et l’écrit… 

Souffle et silence… L’écriture est cette jonction entre la parole mesurée et la distance prise avec le tumulte du monde. L’écriture est une respiration dans le calme,  cet équilibre  qui permet de poser une réflexion, pas obligatoirement dans un but informatif. Souvenons-nous… Le souffle et le silence ne s’apprennent pas tout comme l’expérience… L’écriture est chan :  une méditation.

Sorti de tout  apparat religieux, dénué de tout prosélytisme,  lire, écouter en profondeur, et écrire. N’est-ce pas ce que font les hommes depuis la nuit des temps? Loin du siècle trop bavard…


Quiet Captain, une non aventure!

 




8500 kilomètres… 8500 kilomètres de voies navigables intérieures. Bien belle contrée que ce vieil hexagone. Et ne comptons pas la Loire, le roi des fleuves, trop libre pour supporter la moindre coque pansue. Pour ce sauvage monarque, il nous reste heureusement les joies de la pagaie…

Parcourir les canaux et rivières à la vitesse humaine de 5 à 8 km/h marque l’opposition ultime à la trépidation stérile, contemporaine et tapageuse. Incarner  le "Quiet Captain” d’une “non-aventure” à la barre d’un avalant de moins de 20 mètres. Vivre le premier sassement de la première écluse, le bouillonnement de l’eau sur les vantelles et le bateau qui monte.

Passer l’écluse dans le soir arrivant et contempler sereinement le mouvement lent des arbres sur la rive, dans le silence - aucun cri strident de singe dans la jungle placide du canal de Bourgogne - Un petit cru bourgeois fait de la plongée dans la fraîcheur de l’onde…

Liquide randonnée car  tout est là dehors…



 

Snorkelling...

 

 Il est davantage dans la norme de porter un masque de plongée sous la surface qu’un masque à oxygène à l'hôpital et bien plus serein - on peut au moins dire qu'une célèbre marque d’articles de sport a contribué au système de santé de façon inattendue, comme quoi l'ingénierie est une belle chose  - porter des palmes de randonnée vous rapproche également de ce sympathique batracien qu’est la grenouille. Ces belles demoiselles dont  vous devriez avoir honte de manger les cuisses alors que tant de stupides poulets se font une joie de vous attendre dans l’obscurité. La balade  aquatique est une pratique proche du zen, le Snorkelling vous libère de la pesanteur des choses et des êtres… C’est un périple “au-dessus” du chemin et, la tête sous l’eau, vous éviterez une fois de plus les discussions oiseuses.
Randonner dans la bande des 300 m. en connaissance des règles de sécurité et dans le respect de l’écologie (connaissance et respect… Ces termes archaïques, vous pouvez toujours regarder l'étymologie et le sens dans le dico, le gros livre qui doit traîner chez vous pour caler un meuble…).
Sans prélèvements, sans rien tripoter - on touche avec les yeux aurait dit mon papa,cet autre grand amoureux de la mer - Vous n’aurez pas besoin de vaisseau spatial pour visiter d’autres univers, quelques baies bretonnes méritent ce survol silencieux dans les cathédrales de l’océan.
Sans compétition et sans stress, la frange littorale révèle parfois bien des surprises.
Alors qui, qui, qui c’est le Snorky?
Et bien, un super gentil…
 

Mon pote le pipit!


 C’est janvier qui commence et l’hiver est encore jeune. Les trouées forestières rencontrent peu de monde. Sous la bruyère humide, pas de course éperdue, mon pote le Pipit des arbres est comme ses cousins à plumes, il se montre discret et il a bien raison.

Il n’est pas encore temps pour ce parachutiste emplumé de faire entendre son chant. Grimpeur silencieux et sifflant sa mélodie en se laissant tomber de la futaie. Ailes étendues et queue relevée, un petit rebelle de quinze grammes qui se moque bien de la marche du temps.
Apprendre à observer, adopter  le silence sous la voûte forestière, le respect de la seule cathédrale convenable.
À très bientôt Pipit mon petit pote, garde tes plumes au sec et reste silencieux.


Gardez le cap...

 





Pas de résolutions ni de révolutions d'ailleurs. Gardez votre cap,  ouvrez vos fenêtres, continuez de remonter les coins de votre bouche encore et toujours…

Lorsque vous  marchez vers l'horizon, il recule lui aussi,  encore et toujours, mais qu'importe… Ce n'est pas le but qui compte, c'est le chemin. 

Alors portez-vous bien et ne laissez pas les moisissures de la modernité vous encrasser les neurones. 


 

Rabelais! Reviens!

Les bois peuvent être un peu étranges. Il faut longtemps pour avoir l’impression d’être un homme des bois, mais ensuite, jamais plus on ne peut redevenir un homme des villes."
En Marge - Jim Harrison


Si Rabelais revenait sur terre il ferait l'objet d'une polémique par jour sur l'espace numérique... Espace sidéral de l'argumentation bien entendu...
C'est fou comme nos technocrates autoproclamés veulent à toutes fins nous mener à la porte de l'Ephad en excellente santé. Vous vivrez vieux, intubés, ventilés mais vides comme les coquilles de noix sur la nappe après une soirée d'octobre... Pour sûr... Ce truc-là coutera un pognon de dingues...
Epoque de comptables étriqués, les yeux braqués sur leurs tableaux Excel... On colise, on compile, on se tape de monstrueux orgasmes devant de bandantes statistiques... 100 pour cent des gagnants ont joué! Multitude d'informations totalement inutiles prônant un hygiénisme total, après le nu intégral, la prophylaxie totalitaire. A défaut d'être pieusement décédé, vous serez piteusement décédé. Untel, sa vie, son oeuvre... Crevé d'ennui après 25 ans de soins palliatifs.

On approche tout doucement d'un fonctionnement de société comme peuvent en rêver les vilains pas beaux de Gilead... Mais pas certains que les servantes écarlates se rebiffent...
Vivre. C'est se pencher sur la corde tendue entre deux falaises. Vivre, ça pulse, ça saigne, ça transpire, parfois ça rote et même ça pète! Rabelais!! Reviens!!

A deux carreaux de la marge, tu vis beaucoup mieux. La transgression est un sacerdoce. Le principe de précaution a été inventé par des constipés des neurones, le genre de gugusses qui sont scandalisés parce que le sujet Alpha d'une meute bouffe en premier... Trop regarder Walt Disney peut engendrer de graves troubles du comportement.

“Par le monde, il y a beaucoup plus de couillons que d'hommes.”
François Rabelais - Pantagruel


 

mardi 1 février 2022

Histoires d'eaux...



La mer… Sujet de centaines de millions de photographies. L’océan que l’on penserait bien à tort banal, poumon de cette planète qui porte mal son nom. Océanos serait plus judicieux, Océanos le titan, fils d'Ouranos ( le Ciel)  et de Gaïa (la Terre).
Marcher le long des côtes c’est être en osmose avec l’existence, savoir qui nous sommes véritablement, sans artifices et sans les costumes du grand théâtre de la comédie sociale. Retrouver notre identité véritable. Il y a tant de gens perdus dans leur propre environnement. C’est un peu l’histoire de l’anchois qui demande à la baleine : 
- Dis moi… J’entends souvent parler de la mer, tu peux me dire ce que c’est? 
- Tout ce qui t’entoure est la mer.
- Mais je ne la vois nulle part!
- Tu nages et tu bouges dans la mer, toute ta vie dépend d’elle, elle coule en toi. Elle t’a mis au monde et elle te fera disparaître, en mourant tu retourneras à elle et elle continuera. Telle est ta nature, tu es indissociable de l’océan, tu es la mer…
C’est cette impression de bien-être qui domine lorsque nous nous trouvons au bord de l’océan. Tchouang Tseu disait : “les poissons vivent dans la mer et n’en ont pas conscience, les humains sont baignés par la lumière du zen sans en connaître la nature”. 
C’est là tout ce qui compte. Il n’y a rien d’autre à savoir.
Sur la digue, le rythme des vagues est d’une régularité impressionnante, une grosse lame toutes les cinq vagues. Il n’y a pas de compétition, c’est un rythme naturel et apaisant. Qui n’a pas fait l’expérience de dormir la fenêtre ouverte, au rivage. La berceuse du monde vous chante aux oreilles et vous fait rêver. Comme l’anchois rassurée vous avez la sensation d’être  la minuscule partie d’un ensemble.
Être humain c’est être comme la lame sur les galets. La petite vague ne s’inquiète pas d’être chétive par rapport aux énormes rouleaux si elle comprend sa véritable nature. La petite vague  tout comme la grande ne sont que la  manifestation transitoire de leur nature : l’eau…
Elle est petite et elle est grande… La vague n’est que le mouvement d’un ensemble.
Éphémère  et individualiste, l’homme est bourré d’angoisses et de regrets. Les humains sont égocentriques. Ils confondent l’ego et l’être. C’est pour cette raison qu’ils s’écartent les uns des autres et créent la comparaison, source de chagrin et d’insatisfaction. Comme la vague et l’anchois dans l’océan,  l’humanité n’est qu’une partie  infime de l’immensité de la nature.
Vous voyez…  Une balade au bord du rivage est loin d’être banale… 
C’est là tout ce qui compte, il n’y a rien d’autre à savoir.

Un pas après l'autre... (5)

  Marcher rend humain… La marche est l’un des derniers remparts contre l’accélération du temps. La techno-culture nous a vendu ce concept...