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mardi 7 juillet 2026

Un sac usé aux bretelles.



Il n'y a pas de secret, rien qu’un sac usé aux bretelles. Il y a des gosses qui courent au bord de la rivière et des nuées orageuses s’accrochent au flanc de la colline.

Sur la route passe un car de touristes en route vers leurs périples programmés, aucun répit, pas de rencontres, sans escales, les minutes sont comptées.

Les chemins parlent mais qui écoute leurs poussiéreux messages?

Allongé à l’étape près d’un vieux pèlerin qui chantonne toutes les rencontres de jadis. Il chante un air du temps d’avant la frénésie puis il jette deux ou trois pierres en l’air et se lève. Le vieux pèlerin sait toujours le lieu et le moment pour se remettre en route. Avec juste un sac usé  aux bretelles.

Un ultime mégot et une bière fraîche.

Je demande au vieux pèlerin : 

 — Que faut-il faire pour être heureux?”

— Où que tu ailles, tu emportes ton histoire, ce sont des odeurs de jeunesse. Ce sont les murs de la maison où tu vas vieillir, fils! N’oublie pas cela. Mais ne perds jamais ton sac usé aux bretelles…





 

mercredi 14 février 2024

Au commencement…



Un bruit se fit entendre dans le sous-bois, peut-être était-ce une branche. Son craquement sec et sonore piqua la curiosité de l’animal. Puis une brise de sud embaumée envahit les haies d’aubépines et tout autour de nous le bruissement léger de la sauvagine, encore indiscernable, s’éleva : tous les habitants, tout le peuple des bois, des piaillements furtifs, un bruit de sabot, des claquements, le chant premier de l’alouette, là-bas ce rapace élevé qui monte, le bourdonnement d’un nid de guêpes, une cloche lointaine qui se fait discrète, et tout à coup, le saut du chevreuil dans les blés mûrs,  et déjà, sous l’horizon rosé, le cri des migrateurs traçant route ver la mer… Je vivais.
 

mardi 13 février 2024

Une rencontre…



Le soleil s’était levé, révélant un miroir mouvant où les arbres  se découpaient en silhouettes solennelles. Le clair matin de campagne  n’avait pas encore  eu le temps d’essuyer sa buée de rosée, et le front des rives était luisant, onctueux, sous la semelle des bottes.

Au long de la berge, là où le renard était venu boire, quelque chose naissait peu à peu, une sensation impérieuse comme pour  un rendez-vous essentiel. Une carpe nerveuse transperça le silence, sa nage était superbe. Il n’était même  pas utile de tenter la lutte, la regarder vivre suffisait amplement à ma félicité.



 

lundi 12 février 2024

Upkik…


Si étrange que cela puisse être, c’est au sommet du Mont qu’il étire ses ailes. À l’ombre de l'abbaye, il veille sur le repos de ceux qui ont, jadis, traversé l’Atlantique pour que l’on puisse s’offrir le luxe d’avoir des états d’âmes.

Harfang des neiges dont la blancheur éclaire ces lieux. Les Inuits t’appellent Ukpik. Il est logique qu’en ces lieux un peu enchanteurs se dresse l’oiseau du petit magicien Harry… 

C’est un endroit de paix, un moment insolite   où se rencontrent finalement deux oiseaux rares. “ Rara avis in terris “ aurait dit Juvénal dans ses Satires, oiseau rare sur la terre…

 Salut L’Harfang, continue de veiller sur la quiétude du Mont, sentinelle des songes, compagnon de nos rêves.



 

vendredi 9 février 2024

Balade "pigmentée"...



La couleur est chaleur, vibration, réconfortant  remède. Elle a tous les droits. Jamais vous ne reproduirez le même ton, si simple soit-il. C’est une des fantaisies de la couleur, elle est toujours insaisissable. Ne vous essayez pas à la maîtrise de la couleur: aussitôt,  elle se carapate plein tubes,  loin des fadeurs.  Jamais vous ne vous lasserez des pigments en attente  dans leurs bocaux, prêts pour raconter une nouvelle histoire dont le sens n’est jamais connu à l’avance. Quelle importance! Les pinceaux sont des bâtons de marche et le support un sentier à parcourir. Il n’est pas utile d’utiliser une boussole, c’est la couleur qui commande…

Le temps, à cet instant,  n'est pas perdu, il n’est tout simplement  pas compté. Nous ne sommes pas dans une dimension prédéfinie… C’est une balade informelle.



 

jeudi 8 février 2024

Cerveau Lent...

 



Respirez! Respirez un bon coup avant d’être ensevelis! Fusionné avec le paysage, vous devenez invisible, et par ce fait, définitivement à l’abri du fléau des enquiquineurs. Le ciel démesuré donne la juste mesure de ce besoin constant de respirer. Sur l’horizon, les bleus se fondent, les bleus vibrent. De jeunes mouettes impertinentes se faufilent tout en  se donnant des airs supérieurs. Vous regardez autour de vous… L’aile de toile du papillon… Un papillon pour de faux, un cerf-volant et un cerveau lent s’unissent le temps d’une marée… L’éternité doit ressembler à ça…



mercredi 7 février 2024

Regard…


Je suis un spectateur fasciné par la diversité. C’est cela, s’étonner sans lassitude… C’est la seule façon de vivre où l’ennui n’existe pas. Considérer la nature et ses innombrables combinaisons, c’est magique. Je suis comme un explorateur de sensations. Ce n’est pas tant le sensationnel que je vise mais plutôt le minuscule détail qui passe inaperçu du plus grand nombre, un arrêt sur image dans le remue-ménage permanent. C’est finalement, depuis toujours, la minuscule  broutille que je cherche. le petit plus qui accroche un sourire au quotidien. Ma méditation journalière, c’est ça.

Chaque jour, un spectateur du monde est accaparé par sa  quête. Par la certitude que cette existence est loin d’être banale, il suffit juste de bien observer.

L’étonnement, c’est la faculté  première de l’enfant que l’on s’efforce de préserver.

L’important, c’est de s’entraîner chaque jour à voir avec des yeux neufs.



 

Un sac usé aux bretelles.

Il n'y a pas de secret, rien qu’un sac usé aux bretelles. Il y a des gosses qui courent au bord de la rivière et des nuées orageuses s’a...