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mercredi 6 juillet 2022

Mystique rivière...


 C’est une pratique véritablement mystique. Avec la brouillonne modernité sa finalité est devenue indéchiffrable. Sous nos latitudes, la pêche d’agrément n’est plus une obligation nourricière.  La pêche est, plus particulièrement le fly fishing (la pêche à la mouche),  peut se comparer à une investigation policière.

Les victimes ne sont que des dépouilles toutes potentielles. Ici, on ne tue pas, certains, ailleurs,  le font très bien à notre place et ce sort n’est pas réservé exclusivement aux poissons… On capture sans blessures inutiles, le no-kill est un jeu de rôle. Un cluedo aquatique… Le salon, c’est le bois tout proche ;  la salle à manger, le ciel immense et infini… 

Sur les rives, il faut pratiquer l’humilité. La rivière est mouvante, changeante, imprévisible… Rien n’est définitif, il faut pratiquer le scepticisme comme religion, comme pour l’existence et ses embûches.

Les suspects probables sur les lieux du forfait portent des noms de sénateurs romains ou de vestales : Salvelinus fontinalis (Omble de fontaine), Coregonus sp.e (Coregone), Salmo Salar (Saumon), Oncorhynchus mykiss (Truite arc-en-ciel), Salmo trutta lacustris (Truite de lac). L’arme du crime : un blank pas trop raide et une soie silencieuse… Le témoin principal : un duvet de plume armé d’un hameçon…

Les modes opératoires diffèrent… Ce sont les étapes répétées à l’infini  que requiert chaque type de lancer qui vont permettre  de savoir présenter la mouche. Agir   avec la subtilité et l’harmonie qui conviennent pour résoudre l’énigme. À la fin de l’enquête, la victime va rejoindre le courant et vous, l’existence normale. La parenthèse est refermée, l’une a retrouvé la liberté, l’autre encore un peu plus de sérénité…



 

Ce qui ne s'apprend pas...

 




Dans le déroulé des jours, arrive le moment où le temps à venir est plus court que le temps vécu. Notre vie est une rivière. Près de la source, elle coule, rapide et bouillonnante, sous le ciel de printemps et jusqu’aux premières chutes.  Elle se fait  alors inutilement, écumante et se donne des airs de torrent comme pour se rassurer. Et puis, en vue de l’estuaire qui va l’aider à se jeter dans l’océan, le rythme ralentit, elle devient paresseuse et s’étire calmement dans un dédale bienvenu. C’est au creux des prés salés que se trouve l’ultime et véritable quiétude. Lorsque le rivage est en vue, il faut aller à l’essentiel. Ne plus s’empêtrer dans les  bancs d’algues filandreuses qui empêchent la progression… Il faut s’écouler, clair et paisible. Éroder les rives jusqu’au rocher.

3,3 secondes… C’est la fréquence de respiration moyenne de la plupart des gens. Dans une existence d’une durée moyenne, nous respirons environ  670 millions de fois. Le souffle est la manifestation la plus simple de la vie et pourtant la plus essentielle…  

Le souffle et le silence ne s’apprennent pas, tout comme l’expérience. Il n’existe pas d’instructions, pas de recettes… Il ne faut faire confiance qu’à l’instinct. 

Notre siècle trop bavard impose ses réponses toutes faites et ses interprétations incomplètes à des questions qu’il est inutile de se poser.  Dharma, Zen, etc, ne sont que des mots, des vocables commodes. On ne définit pas un état. Je préfère le terme chinois de chan qui n’est pas traduisible littéralement. La traduction la plus proche pourrait être le mot  méditation, mais cela reste encore imparfait.

L’humain a toujours cherché et cherche encore  à codifier, à expliciter ses connaissances et les philosophes orientaux n’ont pas fait exception. Pour les chinois par exemple, la voie et la parole se confondent en un seul mot qui porte ce double sens : Le Tao,  La parole et l’écrit… 

Souffle et silence… L’écriture est cette jonction entre la parole mesurée et la distance prise avec le tumulte du monde. L’écriture est une respiration dans le calme,  cet équilibre  qui permet de poser une réflexion, pas obligatoirement dans un but informatif. Souvenons-nous… Le souffle et le silence ne s’apprennent pas tout comme l’expérience… L’écriture est chan :  une méditation.

Sorti de tout  apparat religieux, dénué de tout prosélytisme,  lire, écouter en profondeur, et écrire. N’est-ce pas ce que font les hommes depuis la nuit des temps? Loin du siècle trop bavard…


Quiet Captain, une non aventure!

 




8500 kilomètres… 8500 kilomètres de voies navigables intérieures. Bien belle contrée que ce vieil hexagone. Et ne comptons pas la Loire, le roi des fleuves, trop libre pour supporter la moindre coque pansue. Pour ce sauvage monarque, il nous reste heureusement les joies de la pagaie…

Parcourir les canaux et rivières à la vitesse humaine de 5 à 8 km/h marque l’opposition ultime à la trépidation stérile, contemporaine et tapageuse. Incarner  le "Quiet Captain” d’une “non-aventure” à la barre d’un avalant de moins de 20 mètres. Vivre le premier sassement de la première écluse, le bouillonnement de l’eau sur les vantelles et le bateau qui monte.

Passer l’écluse dans le soir arrivant et contempler sereinement le mouvement lent des arbres sur la rive, dans le silence - aucun cri strident de singe dans la jungle placide du canal de Bourgogne - Un petit cru bourgeois fait de la plongée dans la fraîcheur de l’onde…

Liquide randonnée car  tout est là dehors…



 

Snorkelling...

 

 Il est davantage dans la norme de porter un masque de plongée sous la surface qu’un masque à oxygène à l'hôpital et bien plus serein - on peut au moins dire qu'une célèbre marque d’articles de sport a contribué au système de santé de façon inattendue, comme quoi l'ingénierie est une belle chose  - porter des palmes de randonnée vous rapproche également de ce sympathique batracien qu’est la grenouille. Ces belles demoiselles dont  vous devriez avoir honte de manger les cuisses alors que tant de stupides poulets se font une joie de vous attendre dans l’obscurité. La balade  aquatique est une pratique proche du zen, le Snorkelling vous libère de la pesanteur des choses et des êtres… C’est un périple “au-dessus” du chemin et, la tête sous l’eau, vous éviterez une fois de plus les discussions oiseuses.
Randonner dans la bande des 300 m. en connaissance des règles de sécurité et dans le respect de l’écologie (connaissance et respect… Ces termes archaïques, vous pouvez toujours regarder l'étymologie et le sens dans le dico, le gros livre qui doit traîner chez vous pour caler un meuble…).
Sans prélèvements, sans rien tripoter - on touche avec les yeux aurait dit mon papa,cet autre grand amoureux de la mer - Vous n’aurez pas besoin de vaisseau spatial pour visiter d’autres univers, quelques baies bretonnes méritent ce survol silencieux dans les cathédrales de l’océan.
Sans compétition et sans stress, la frange littorale révèle parfois bien des surprises.
Alors qui, qui, qui c’est le Snorky?
Et bien, un super gentil…
 

Mon pote le pipit!


 C’est janvier qui commence et l’hiver est encore jeune. Les trouées forestières rencontrent peu de monde. Sous la bruyère humide, pas de course éperdue, mon pote le Pipit des arbres est comme ses cousins à plumes, il se montre discret et il a bien raison.

Il n’est pas encore temps pour ce parachutiste emplumé de faire entendre son chant. Grimpeur silencieux et sifflant sa mélodie en se laissant tomber de la futaie. Ailes étendues et queue relevée, un petit rebelle de quinze grammes qui se moque bien de la marche du temps.
Apprendre à observer, adopter  le silence sous la voûte forestière, le respect de la seule cathédrale convenable.
À très bientôt Pipit mon petit pote, garde tes plumes au sec et reste silencieux.


Gardez le cap...

 





Pas de résolutions ni de révolutions d'ailleurs. Gardez votre cap,  ouvrez vos fenêtres, continuez de remonter les coins de votre bouche encore et toujours…

Lorsque vous  marchez vers l'horizon, il recule lui aussi,  encore et toujours, mais qu'importe… Ce n'est pas le but qui compte, c'est le chemin. 

Alors portez-vous bien et ne laissez pas les moisissures de la modernité vous encrasser les neurones. 


 

Rabelais! Reviens!

Les bois peuvent être un peu étranges. Il faut longtemps pour avoir l’impression d’être un homme des bois, mais ensuite, jamais plus on ne peut redevenir un homme des villes."
En Marge - Jim Harrison


Si Rabelais revenait sur terre il ferait l'objet d'une polémique par jour sur l'espace numérique... Espace sidéral de l'argumentation bien entendu...
C'est fou comme nos technocrates autoproclamés veulent à toutes fins nous mener à la porte de l'Ephad en excellente santé. Vous vivrez vieux, intubés, ventilés mais vides comme les coquilles de noix sur la nappe après une soirée d'octobre... Pour sûr... Ce truc-là coutera un pognon de dingues...
Epoque de comptables étriqués, les yeux braqués sur leurs tableaux Excel... On colise, on compile, on se tape de monstrueux orgasmes devant de bandantes statistiques... 100 pour cent des gagnants ont joué! Multitude d'informations totalement inutiles prônant un hygiénisme total, après le nu intégral, la prophylaxie totalitaire. A défaut d'être pieusement décédé, vous serez piteusement décédé. Untel, sa vie, son oeuvre... Crevé d'ennui après 25 ans de soins palliatifs.

On approche tout doucement d'un fonctionnement de société comme peuvent en rêver les vilains pas beaux de Gilead... Mais pas certains que les servantes écarlates se rebiffent...
Vivre. C'est se pencher sur la corde tendue entre deux falaises. Vivre, ça pulse, ça saigne, ça transpire, parfois ça rote et même ça pète! Rabelais!! Reviens!!

A deux carreaux de la marge, tu vis beaucoup mieux. La transgression est un sacerdoce. Le principe de précaution a été inventé par des constipés des neurones, le genre de gugusses qui sont scandalisés parce que le sujet Alpha d'une meute bouffe en premier... Trop regarder Walt Disney peut engendrer de graves troubles du comportement.

“Par le monde, il y a beaucoup plus de couillons que d'hommes.”
François Rabelais - Pantagruel


 

Un sac usé aux bretelles.

Il n'y a pas de secret, rien qu’un sac usé aux bretelles. Il y a des gosses qui courent au bord de la rivière et des nuées orageuses s’a...