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jeudi 10 novembre 2022

Lettre du 10 novembre 2022.

 

Une bonne définition de la moderne incohérence dans l’esprit de certains spécimens contemporains :  

Par exemple : des mimiles qui s’insurgent devant la coupe du Monde de Football au Qatar, une aberration écologique mon bon monsieur et un gaspillage d'argent… Mais qui n’hésite pas à claquer 300 balles d’engagement - sans compter le  paquet de pognon pour les accessoires bruyants et puants - se claquer la peau du cul (qui est déjà bien tondue) afin d'aller faire tourner une flopée de motos sur une plage. Un environnement qui n’a rien demandé à personne pour une pratique aussi archaïque et surannée que la chasse à la galinette cendrée. Sans compter tous les clampins qui vont venir polluer bruyamment  le calme littoral et emm.. les habitants par leurs déjections et autres.

Bon, les mimiles ne vont pas regarder le football, la planète est sauvée, la connerie aussi… 



mercredi 9 novembre 2022

Lettre du 9 novembre 2022.


 

Au départ du Rhum, on se dit certes, la technologie évolue à chaque course au large mais  les grands voiliers font toujours rêver. Ces monstres gigantesques et aériens à la fois sont des paradoxes élégants.  Les voiliers supportent nos imaginations. Nos  rêves de mômes pilotés par ces navigatrices et ces navigateurs qui  sont, avec les alpinistes, les derniers défricheurs d’aventure dans ce monde hyper-prévisible.

L’enjeu dépasse le défi sportif. La course au large reste un défi humain où l’océan reste l’arbitre. La voile est une culture, les marins sont des “athlètes-artistes” sur la gigantesque toile de l’océan.


Les voiliers attirent les cinglés et les génies, les romantiques auxquels leurs bateaux offrent une image rebelle. Nous succombons à tout cela, mais ce que nous avons du mal à saisir, c'est qu'il ne s'agit pas des bateaux en eux-mêmes, mais plutôt de ces moments inexplicables, sur l'eau, quand le temps ralentit. Toute cette industrie repose sur une sensation, une émotion.” Jim Lynch - Face au vent.


mardi 8 novembre 2022

Courrier du 8 novembre 2022.

 


Laisse parler ton cœur, interroge les visages, n'écoute pas les langues…” Umberto Eco
Cet adage, cité par l’un des protagonistes du maître livre Le Nom de la Rose, est riche d’enseignements. Ce sont les silences qui sont les plus révélateurs dans l’étude de caractères. Plus les paroles se répandent et plus l’ignorance prospère.Le temps passé à écouter des inepties est un temps perdu. Parler pour faire du bruit n’est d’aucune utilité. Rien n’est plus fatiguant que de supporter les certitudes assénées par un orateur inconséquent. C’est le doute qui fait avancer, le moteur de toutes connaissances réside dans la faculté de comprendre sans se  parler.
Autrefois, j'étais indécis, mais, à présent, je n'en suis plus très sûr.” Le Nom de la Rose - Umberto Eco

lundi 7 novembre 2022

Courrier du 7 novembre 2022.

 





« Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ? » Amin Maalouf

Avec l’âge, j’ai perdu la faculté de m’indigner, c’est très reposant. Les gesticulations des “danseurs pour la bonne cause” et autres me font rire. Réclamer à cor et à cri de la compréhension pour de multiples  croisades à grand renfort de pétitions - à peu près aussi utile qu’un emplâtre d’argile verte sur une prothèse de tungstène - est d’un pathétisme consternant.

Le conte zen qui suit est tiré du recueil “Le doigt et la lune”  d’Alexandro Jodorowsky. Ce texte illustre parfaitement  notre façon d’aborder le dialogue (ou le débat) que nous voulons entretenir avec nos semblables. Nous pensons discuter des mêmes problèmes et, finalement,  nous clabaudons de faits dissemblables et mal assimilés. La disproportion et l’outrance de nos propos sont nourries par le reflet biaisé apporté par les médias. Nous entretenons  ainsi sans fin notre incommunicabilité. 

Agir et penser avec sobriété, c’est l’assurance d’obtenir une vision plus claire et davantage d’objectivité dans la compréhension. C’est réfléchir avec clairvoyance sur la véritable nature des choses. "L'esprit raisonne, l'âme résonne.", écrit François Cheng, faites une juste synthèse des deux versants de votre montagne.

Observer sans interpréter, comme un chat à la fenêtre, avec lenteur et circonspection.

L’idiot et le théologien

Un moine zen vivait avec son frère borgne et idiot. Un jour, alors qu’il devait s’entretenir avec un théologien fameux, venu de loin pour le rencontrer, il se trouva dans l’obligation de s’absenter. Il dit alors à son frère!”

“Reçois et traite bien cet érudit! Surtout ne lui dit pas un mot et tout ira bien!”

Le moine quitta alors le monastère. Dès son retour, il alla promptement retrouver son visiteur :

“Mon frère vous a-t-il bien reçu?” s’enquit-il. Plein d’enthousiasme, le théologien s’exclama : “Votre frère est absolument remarquable. C’est un grand théologien.”

Le moine surpris bégaya :

“Comment?... Mon frère, un… théologien?...

Nous avons eu une conversation passionnante, reprit l’érudit, uniquement en nous exprimant par gestes. Je lui ai montré un doigt, il a répliqué en m’en montrant deux. Je lui ai alors répondu, comme c’est logique, en lui montrant trois doigts, et lui m’a stupéfait en arborant un poing fermé qui concluait le débat...

Avec un doigt, je professais l’unité de Bouddha. De deux doigts, il élargit mon point de vue en me rappelant que Bouddha était inséparable de sa doctrine. Enchanté par la réplique, avec trois doigts, je lui signifiais : Bouddha et sa doctrine dans le monde. Il eût alors cette sublime réplique, en me montrant son poing : Bouddha, sa doctrine, le monde, tout cela fait un. La boucle était bouclée.”

Quelque temps plus tard, le moine alla retrouver son borgne de frère :

“Raconte-moi ce qui s’est passé avec le théologien!

C’est très simple, dit le frère. Il m’a nargué en me montrant un doigt pour me faire

remarquer que je n’avais qu’un œil. Ne voulant pas céder à la provocation, je lui retournai qu’il avait de la chance, lui, d’en avoir deux. Il s’obstina, sarcastique: “De toute façon, à nous deux cela fait trois yeux. “ Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. En lui montrant mon poing fermé, je le menaçais de l’étendre sur-le-champ s’il ne cessait ses insinuations malveillantes.”

(Le doigt et la lune - Alexandro Jodorowsky - Espaces Libres - Albin Michel.)









dimanche 6 novembre 2022

Courrier du 6 novembre 2022.






Semblable au jambon de pays bien enroulé dans son torchon, tu rêves encore dans l’odeur du café. Tu es le capitaine Nemo sur la passerelle du Nautilus, face aux abysses, d’ailleurs de même que l’habit ne fait pas le moine, l’abysse ne fait pas le marin… 

Soudain, une voix te parle à l’oreille, une révélation? Non, la TSF… Un journaliste intègre - il n’a pas eu le temps de mentir à ses parents ni de leur faire honte, étant enfant de la DDASS. Il débite de son ton monocorde et lénifiant les nouvelles du jour. À savoir, des types vont voter pour d’autres types. Ces derniers prédisant un avenir formidable dans pas très longtemps, incessamment sous peu. La mère Le Pen, avant d’aller élever ses chats, va faire don de son château de Montretout aux associations d’aide aux migrants… Rassurez-vous, c’est ironique, Ces gens-là ne montrent rien, même pas la plus petite trace d’humanité… Bref la chronique de la haine ordinaire.

Pour garder la sérénité et améliorer sa  santé physique et mentale, il est plus judicieux de couper l’image et le son. Je ne sais plus ni où, ni quand, un gars nommé Martin Lessard a écrit : « Les réseaux sociaux sont comparables à un fleuve en temps réel : on ne peut pas l’arrêter, mais on peut en boire un peu ». J’ajouterai, ça évite de se noyer dans ces marigots de boue.Je préfère ouvrir mes chers vieux bouquins, immuables, sans batteries, ni réseau et garder ainsi l’essentiel.“Un livre est un outil de liberté” Jean Guéhenno - Carnets du vieil écrivain.


 

 

samedi 5 novembre 2022

Courrier du 5 novembre.

 


    L'obscurité se pointe pour le thé alors qu’elle était invitée à l’apéritif. Dans la maison située derrière, une fenêtre s’allume. Il y une odeur de terre fraîche qui monte du jardin déjà assoupi, ce fainéant… Tu humes l’air de ce début de soirée comme un vieux chien de chasse, c’est une joie toute simple. Novembre se la joue toujours  “saison des souvenirs”. Il veut nous faire croire que vieillir donne froid. C’est un mois menteur. Il ne peut rien t’arriver tant que tu gardes un bout de lumière d’été dans la poche. 
    Les avaleurs de vent se fichent bien des saisons. Ils tracent leurs sillages sur la peau de la terre et s’évadent en chantant. Le ciel triste d’automne perdant ses couleurs et tout ce morose folklore… Ce n’est que de la littérature pour sédentaires mélancoliques. Rien n’empêche d'emprunter les chemins chaotiques des saisons en transit.

vendredi 4 novembre 2022

Il en a de bonnes, Victor...

J'adore le fond... Misère!  J'aime pas la forme... La correction est un supplice obligatoire, 
La suite au prochain numéro. 

Un pas après l'autre... (5)

  Marcher rend humain… La marche est l’un des derniers remparts contre l’accélération du temps. La techno-culture nous a vendu ce concept...