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dimanche 21 janvier 2024

Porté par le vent…



L’immobilité est un fléau… Qu’elle soit physique ou intellectuelle. La flexibilité est une aptitude qu’il faut cultiver  volontairement. L’âge réduit l’amplitude mécanique et cognitive. Il est toujours assez impressionnant de constater l’inhibition d’individus qui furent  naguère  audacieux et d’une originalité rafraîchissante … Le mental se travaille comme un muscle, par l’entraînement à la souplesse, à l’adaptation permanente. Si l’on reprend  les préceptes du Taoïsme par exemple, on se met à découvrir l’intemporalité de l’acclimatation pérenne et ses bienfaits.
Le corps vivant est souple, la mort le rend rigide… La raideur est la caractéristique de la mort. Lorsque les plantes poussent elles sont souples, lorsqu’elles meurent, elles se dessèchent… 
Envahir les autres pour démontrer ses prouesses (il existe beaucoup de façons d’envahir les autres…) entraîne inévitablement des destructions (il existe également énormément de degrés dans la destruction). 
S’accrocher à des valeurs fixes dans un univers en perpétuel mouvement est une hérésie, c’est cultiver une forme d’immobilité qui entraîne une sclérose mortifère. L’arbre a beau paraître fort et solide, une tempête (qui n’est jamais qu’un déplacement d’air…) aura vite fait de l’abattre. 
Le mouvement est la vie… Qu’il soit physique ou intellectuel. Déplacer ses lignes de pensée est une discipline de sagesse.
L’ouragan déracine la majorité des grands arbres alors que l’herbe, grâce à sa souplesse, y résiste, se balançant sous la force du vent. C’est l’expression de la véritable solidité. 
N’y voyez pas là une énième recette de développement personnel à la mode de chez vous…
Le Taoïsme remonte environ au VIe siècle avant JC, comme quoi l’intemporalité…




 

samedi 20 janvier 2024

De l’eau douce vers l’eau salée.



Enfourcher son VAE ou son vélo “tout court” pour emprunter les 38 km d’Abbeville à Saint-Valery-sur-Somme c’est partir de l’eau douce pour aller vers l’eau salée…
Pour commencer cette autre minuscule aventure il faut démarrer à la piste promenade sur la rive droite du port fluvial jusqu’aux raccordements des deux bras de la Somme.
C’est sur la voie de la baie, le halage du  “canal maritime” que 15 km de pleine nature vous attendent sans circulation automobile intempestive. Pourquoi ne pas faire une halte à la Réserve Ornithologique de la Baie de Somme pour y casser une petite graine?
Si vous avez de la chance, vous n’aurez pas à affronter le vent de face, et de nombreux lieux de pause vous attendent de toutes les façons : Petit-Lavier, Petit-Port, Pinchefalise… Pique-niquer par beau temps et arriver au pied de Saint-Valery pour y visiter la vieille ville aux reliques médiévales…
Voilà, il ne vous reste plus qu’à atteindre la pointe du Hourdel, le finistère picard et peut-être saluer les farouches moustachus qui peuplent les lieux, les phoques que l’on ne doit pas déranger, la baie de Somme est leur salon! 





 

vendredi 19 janvier 2024

Mini-aventure et maxi-plaisir - Sur l'eau au milieu des vaches...




Il est des endroits bien camouflés qu’il faut aller dénicher d’une pagaie tranquille. Il arrive que l’on passe à proximité très souvent sans même se douter qu’ils existent…
Selon les niveaux d’eau et les marées (constantes à vérifier à chaque sortie) Le tout petit fleuve côtier, la Slack mérite bien la visite - après tout, les petits ont bien le droit de porter des noms de grands, “fleuve” n’est en rien prétentieux.
Pagayer deux heures depuis Ambleteuse entre mer, terres et marais demande d’abord  une mise à l’eau soit de la petite plage au bout de la rue des Marins, soit d’une cale au niveau du pont qui est tout de même assez rudimentaire. Le faible tirant d’eau du kayak monoplace Itiwit X500 permet cette sortie sans problème, même par niveau relativement bas.
Si donc  le niveau le permet (malheureusement, le Pas-de-Calais ne manque pas d’eau en ce moment, mais nous sommes en hiver…), et à la belle saison vous pouvez remonter la Slack sur environ 5 kilomètres. Après environ 1 h 00 (un peu plus, si vous êtes charmé par le spectacle des oiseaux d’eau et des rives…) vous pouvez faire demi-tour (à la hauteur de Beuvrequen). Le retour se fera à la même vitesse et l’effet de marée ne sera pas trop difficile à vaincre. Il est toujours indispensable et prudent de consulter les horaires de marées comme pour toute pratique côtière. 
Vous pourrez ainsi passer entre 2h00 et 3h00 (si vous avez la pagaie paresseuse) au milieu des marais et des prés, pagayer parmi les vaches l’été est un bien plus grand privilège que  de pagayer parmi les touristes…
Une minuscule aventure pour un maxi plaisir…




 

jeudi 18 janvier 2024

La Vélomaritime. (balade dans la France “d’en haut”).



De Roscoff à Bray-Dunes… Plus de 1500 bornes reliant la Manche à la mer du Nord. Peut-être l’occasion de vous relier ensuite à l’Eurovelo 4, la voie de l’Europe Centrale qui se tire jusqu’à Kiev sur 5 000 km…
Ici, pas question de performance sportive… Seul compte le plaisir de la contemplation.
Des Côtes d’Armor à Saint-Malo, de Cancale au Mont Saint-Michel en remontant vers le Cotentin. Des plages du Débarquement jusqu’au Havre en passant par les falaises d’Étretat pour regagner la Baie de Somme… La Côte d’Opale pour le dessert jusqu’à la statue de Jean Bart et la ville corsaire de Dunkerque… Assis sur un banc de la digue de Bray Dunes vous saluerez la mer, accompagnatrice de cette symphonie en 36 mesures…


 

mercredi 17 janvier 2024

Un pas de côté (Dans les Hauts…) - 1

 


Fromelles, La Bataille….


C’est sur le plateau des Weppes entre la Vallée de la Lys et la Vallée de la Deûle que s’offre la possibilité de parcourir 9.5 km “dum ambulant”

À environ 20 km à l’ouest  de Lille, sortie La Bassée par l’A25.


Fromelles : “For” : la voie, le passage et “Meles”: la borne, la limite. 

Une station sur la voie… La voie romaine qui reliait Tournai à Cassel.

Fromelles figurera  sur la ligne de front dès 1914 , ville martyre et totalement détruite, l’endroit sera le  lieu d’une terrible bataille les 19 et 29 juillet 1916 où 5533 soldats venus d’Australie trouveront la mort.

Une station s’impose donc  au Cimetière Australien V C Corner où s’élève l’émouvante  statue, “Cobbers” (Les Copains)  de Peter Corbett. Une petite marche de 3 heures  afin de saluer  ceux qui vinrent de si loin pour périr sur ce plateau…

C’est en suivant un formidable dénivelé de 29 m que s’étalera votre randonnée… C’est dire que la difficulté ne sera pas trop importante.

Il faudra tout de même attendre le retour des beaux jours pour découvrir la campagne des Weppes.





lundi 11 septembre 2023

Dedans, dehors!


Comme le définit Antoine de Baecque dans son histoire de la marche, je suis un homme du dedans. Un homme du dedans qui a besoin du dehors… 

Marcher est un exercice subtil, bien plus élaboré que l’on puisse l’imaginer. Les chemins se lisent par expérience directe, le toucher, la vue, l’odeur. La carte n’est qu’un prélude, le menu avant le festin.

Pour pouvoir écrire dedans, il me faut marcher dehors. Peu importe le lieu… Chemins côtiers ou paysages urbains, le chemin s’interprète comme un livre, une œuvre d’art. Le sentier possède ses propres strates, historiques, sociologiques, émotionnelles. La marche est un paradoxe sans dissonances pour l’homme du dedans : c’est une pratique individuelle qui ouvre sur le monde, les autres… Qu’importe votre allure! Toute compétition ici, se révèle stérile, le sentier est épicurien avant toute chose, sinon il est dépourvu du moindre sens.

Mettre un pied devant l’autre active les neurones et augmente autant la capacité respiratoire que l’intelligence du cœur. Gandhi et Martin Luther King étaient des arpenteurs, des organisateurs de longues marches. Hommes du dedans parcourant l’espace des hommes et  des idées, influenceurs du dehors…

Marcher, particulièrement dans la nature, change le regard sur l’humanité et pousse à vivre autrement avec, en filigrane, ce que Thoreau appelle “The wild”, la sauvagerie…

Homme du dedans, homme du dehors, il n’existe pas de dualité, il ne subsiste que l’humanité.





 

dimanche 6 août 2023

L’arbre de vie et le chant des marées.



Les physiciens et astrophysiciens nous démontrent chaque jour ce que nous disent les panthéistes et les bouddhistes depuis des millénaires. Notre monde n’est que vibrations… Le désarroi contemporain s’explique peut-être par le manque de ressenti. On décrète l’usure du monde par un mauvais usage du monde.

On déplore la pluie, le vent et le fracas des tempêtes, oubliant trop souvent que ce ne sont que de simples manifestations de la vie. Il faut avoir les pieds campés sur le rivage lorsque l’océan donne des coups de boutoir au granit pour comprendre le chant des marées. La sérénité n’est que la faculté d’accepter ces forces qui nous dépassent et de respecter ce monde qui peut paraître brutal mais qui est si fragile car tout est lié, interconnecté et interdépendant. Nous ne sommes qu’un infime maillon d’une chaîne infiniment complexe. S’extasier devant la ramure de l’arbre n’interdit pas de comprendre que ce qui est caché, le système racinaire, s’étend de manière analogue et constitue l’ensemble de l’arbre. Comprendre ce que l’on ne peut voir est une manière de ressentir. 

Notre vibration dans cet univers est éphémère, un battement de paupières dans l’histoire du temps. Les choses essentielles sont très souvent anodines, ignorées et oubliées pour la plupart d’entre nous… L’odeur de la terre après la pluie, la vague qui s’étend sur le sable, le vent du matin dans les feuilles et la lumière vivante du crépuscule, autant de vibrations essentielles qu’il n’est pas nécessaire d’expliquer.

Préserver l’arbre de vie, écouter le chant des marées et  vibrer à l’unisson… Pratiquer l’usage du monde sans l’user davantage  car nous ne sommes propriétaires de rien, juste de la faculté de ressentir…



 

Un sac usé aux bretelles.

Il n'y a pas de secret, rien qu’un sac usé aux bretelles. Il y a des gosses qui courent au bord de la rivière et des nuées orageuses s’a...