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mercredi 24 janvier 2024

Le Vieux Jimmy...

 

“J'ai décidé de ne plus rien décider,
d'assumer le masque de l'eau,
de finir ma vie déguisé en rivière,
en tourbillon, de rejoindre à la nuit
le flot ample et doux, d'absorber le ciel,
d'avaler la chaleur et le froid, la lune
et les étoiles, de m'avaler moi-même
en un flot incessant.”
Homélie
“Ces quelques règles de vie simples à respecter – un stylo noir la nuit, un stylo en or en plein jour, éviter nourritures trop tristes et main un peu lourde sur le whiskey, ne pas pointer une arme à feu vers soi, ne pas canarder en poussant le cri-cri de la bécassine , ne pas utiliser d'essence comme fluide de démarrage, ne pas lire de journaux cochons sous le nez des hôtesses de l'air
– ça arrive tout le temps; il est temps d'arrêter de nettoyer son assiette, temps d'oublier l'anniversaire des morts, de donner tout ce qu'on peut aux pauvres.
ça pourrait continuer comme ça longtemps et d'ailleurs ça ne va pas manquer : qui peut choisir entre l'animal sur la route et le fossé? Un magnum pour déjeuner c'est un peu trop mais pas assez pour dîner. Lustrez les étoiles réelles la nuit comme un homme invisible caresse un chien, un homme bien réel, le souvenir d'un chien perdu sous le treillage de la belle-de-jour quarante ans plus tôt. Dansez avec vous-même de tout votre cœur de toute votre âme, de temps en temps avec d'autres, mais ne mangez pas toutes les baies que mangent les oiseaux sinon vous mourrez. Embrassez-vous dans le miroir mais ne tombez pas amoureux des photos de jeunes filles dans les magazines. Ne tombez pas amoureux comme si vous tombiez dans un trou du plancher dans une maison abandonnée, ou bien d'un quai la nuit, ou dans une crevasse recouverte d'une couche de poudreuse, vache qui se débat dans les sables mouvants tandis que les autres vaches regardent sans intérêt particulier, ou bien encore en arrière d'une corniche qui s'effrite. Ne tombez pas amoureux de deux à la fois. Du plafond, vous voyez bien le cercle que forment les trois, quoique l'une puisse être ailleurs. Il est déchiré, il se déchire lui-même, il danse, il tournoie si vivement que tout ce qu'il est vraiment vole de tous côtés. Il se recroqueville comme un papier froissé mais se lève chaque jour d'entre les morts.”
Théorie et Pratique des Rivières - Jim Harrison 





mardi 23 janvier 2024

Dans les pas du camarade Sigeric…

 


989… Le camarade Sigeric de Canterbury, évêque de son état, est appelé à Rome. Il vient d’avoir une promotion. Le DRH de la société Dieu le Père et Dieu le Fils SARL - oui, la responsabilité est extrêmement limitée, la comptabilité étant impénétrable… -  veut le voir pour un entretien. Il veut lui remettre le pallium, bande de laine blanche marquée d’une croix (c’est marqué dessus comme le Port-Salut…) Ça en jette plus qu’un costard cravate, excusez du peu… Bande de mécréants.
Son voyage de retour de Rome vers Canterbury constitue le plus ancien blog de voyage du Nord de l’Europe. À l’époque, aucune crainte de tomber en panne de batterie pour décrire les 79 étapes de ce qui est la Francigena. Ils n’étaient pas sots nos vieux pérégrins…
Donc évoquons ce premier tronçon français de la voie - Via Francigena, cette partie qui va de Calais à Rocquigny à l’orée de la Somme. Une grande oblique tracée à travers le Pas-de-Calais. Pourquoi? Et bien comme ça… Parce que je ne vais pas me priver de parler des pierres du chemin et des petits zoziaux. Et puis je l’aime bien moi Sigeric, il porte un nom à figurer dans un roman d’Umberto Eco. Et puis, un type qui donne un sens à ses pas donne un sens à sa vie. Si vous ne me croyez pas, achetez-vous des sandales et allez crapahuter!


lundi 22 janvier 2024

« L'eau parle sans cesse et jamais ne se répète. » Octavio Paz

 


Si, comme l’écrit l’écrivain mexicain Octavio Paz, l’eau parle, il nous faut l’écouter attentivement…  Une bonne pratique du kayak se doit d’être silencieuse et discrète. C’est une embarcation idéale pour observer la vie sauvage et découvrir l’environnement naturel. N’importe qui peut agir pour protéger et embellir les sites traversés et explorés.

En premier lieu, ne jamais perturber le milieu - il convient de garder une distance raisonnable par rapport à la vie sauvage - si les oiseaux s’agitent et s’envolent lorsque vous passez, vous êtes trop près et (ou) trop bruyants…

Ne laissez jamais aucune trace, sur l’eau, dans l’eau et à terre, aucun détritus d’aucune sorte.

Renseignez-vous sur les périodes de reproduction des animaux vivant sur les rives, dans les estuaires et dans l’eau. Aucun dérangement et une très grande attention lors de vos déplacements,, vous êtes invités chez les autres, éviter de déféquer dans leur salon, c’est la démarche… 

Si vous rencontrez des détritus laissés par de moins délicats que vous, n’hésitez pas à les ramasser ou à signaler à qui de droit, les dépôts sauvages d’ordures que ces immondes débiles laissent derrière eux… 

  Appliquer le FOMEC  - que les papys dont je fais partie ont appris au service national - F (forme), O (ombre), M (Mouvement), E (Environnement), C (couleur). En clair, invisible, inodore, incolore et muet… Et là, la minuscule aventure restera un grand moment…



dimanche 21 janvier 2024

Porté par le vent…



L’immobilité est un fléau… Qu’elle soit physique ou intellectuelle. La flexibilité est une aptitude qu’il faut cultiver  volontairement. L’âge réduit l’amplitude mécanique et cognitive. Il est toujours assez impressionnant de constater l’inhibition d’individus qui furent  naguère  audacieux et d’une originalité rafraîchissante … Le mental se travaille comme un muscle, par l’entraînement à la souplesse, à l’adaptation permanente. Si l’on reprend  les préceptes du Taoïsme par exemple, on se met à découvrir l’intemporalité de l’acclimatation pérenne et ses bienfaits.
Le corps vivant est souple, la mort le rend rigide… La raideur est la caractéristique de la mort. Lorsque les plantes poussent elles sont souples, lorsqu’elles meurent, elles se dessèchent… 
Envahir les autres pour démontrer ses prouesses (il existe beaucoup de façons d’envahir les autres…) entraîne inévitablement des destructions (il existe également énormément de degrés dans la destruction). 
S’accrocher à des valeurs fixes dans un univers en perpétuel mouvement est une hérésie, c’est cultiver une forme d’immobilité qui entraîne une sclérose mortifère. L’arbre a beau paraître fort et solide, une tempête (qui n’est jamais qu’un déplacement d’air…) aura vite fait de l’abattre. 
Le mouvement est la vie… Qu’il soit physique ou intellectuel. Déplacer ses lignes de pensée est une discipline de sagesse.
L’ouragan déracine la majorité des grands arbres alors que l’herbe, grâce à sa souplesse, y résiste, se balançant sous la force du vent. C’est l’expression de la véritable solidité. 
N’y voyez pas là une énième recette de développement personnel à la mode de chez vous…
Le Taoïsme remonte environ au VIe siècle avant JC, comme quoi l’intemporalité…




 

samedi 20 janvier 2024

De l’eau douce vers l’eau salée.



Enfourcher son VAE ou son vélo “tout court” pour emprunter les 38 km d’Abbeville à Saint-Valery-sur-Somme c’est partir de l’eau douce pour aller vers l’eau salée…
Pour commencer cette autre minuscule aventure il faut démarrer à la piste promenade sur la rive droite du port fluvial jusqu’aux raccordements des deux bras de la Somme.
C’est sur la voie de la baie, le halage du  “canal maritime” que 15 km de pleine nature vous attendent sans circulation automobile intempestive. Pourquoi ne pas faire une halte à la Réserve Ornithologique de la Baie de Somme pour y casser une petite graine?
Si vous avez de la chance, vous n’aurez pas à affronter le vent de face, et de nombreux lieux de pause vous attendent de toutes les façons : Petit-Lavier, Petit-Port, Pinchefalise… Pique-niquer par beau temps et arriver au pied de Saint-Valery pour y visiter la vieille ville aux reliques médiévales…
Voilà, il ne vous reste plus qu’à atteindre la pointe du Hourdel, le finistère picard et peut-être saluer les farouches moustachus qui peuplent les lieux, les phoques que l’on ne doit pas déranger, la baie de Somme est leur salon! 





 

vendredi 19 janvier 2024

Mini-aventure et maxi-plaisir - Sur l'eau au milieu des vaches...




Il est des endroits bien camouflés qu’il faut aller dénicher d’une pagaie tranquille. Il arrive que l’on passe à proximité très souvent sans même se douter qu’ils existent…
Selon les niveaux d’eau et les marées (constantes à vérifier à chaque sortie) Le tout petit fleuve côtier, la Slack mérite bien la visite - après tout, les petits ont bien le droit de porter des noms de grands, “fleuve” n’est en rien prétentieux.
Pagayer deux heures depuis Ambleteuse entre mer, terres et marais demande d’abord  une mise à l’eau soit de la petite plage au bout de la rue des Marins, soit d’une cale au niveau du pont qui est tout de même assez rudimentaire. Le faible tirant d’eau du kayak monoplace Itiwit X500 permet cette sortie sans problème, même par niveau relativement bas.
Si donc  le niveau le permet (malheureusement, le Pas-de-Calais ne manque pas d’eau en ce moment, mais nous sommes en hiver…), et à la belle saison vous pouvez remonter la Slack sur environ 5 kilomètres. Après environ 1 h 00 (un peu plus, si vous êtes charmé par le spectacle des oiseaux d’eau et des rives…) vous pouvez faire demi-tour (à la hauteur de Beuvrequen). Le retour se fera à la même vitesse et l’effet de marée ne sera pas trop difficile à vaincre. Il est toujours indispensable et prudent de consulter les horaires de marées comme pour toute pratique côtière. 
Vous pourrez ainsi passer entre 2h00 et 3h00 (si vous avez la pagaie paresseuse) au milieu des marais et des prés, pagayer parmi les vaches l’été est un bien plus grand privilège que  de pagayer parmi les touristes…
Une minuscule aventure pour un maxi plaisir…




 

jeudi 18 janvier 2024

La Vélomaritime. (balade dans la France “d’en haut”).



De Roscoff à Bray-Dunes… Plus de 1500 bornes reliant la Manche à la mer du Nord. Peut-être l’occasion de vous relier ensuite à l’Eurovelo 4, la voie de l’Europe Centrale qui se tire jusqu’à Kiev sur 5 000 km…
Ici, pas question de performance sportive… Seul compte le plaisir de la contemplation.
Des Côtes d’Armor à Saint-Malo, de Cancale au Mont Saint-Michel en remontant vers le Cotentin. Des plages du Débarquement jusqu’au Havre en passant par les falaises d’Étretat pour regagner la Baie de Somme… La Côte d’Opale pour le dessert jusqu’à la statue de Jean Bart et la ville corsaire de Dunkerque… Assis sur un banc de la digue de Bray Dunes vous saluerez la mer, accompagnatrice de cette symphonie en 36 mesures…


 

Un sac usé aux bretelles.

Il n'y a pas de secret, rien qu’un sac usé aux bretelles. Il y a des gosses qui courent au bord de la rivière et des nuées orageuses s’a...